« Un pas après l’autre… » C’est ainsi que je choisis d’entrer dans la Bible. Non pas pour la survoler, ni pour en faire un défi de performance – mais pour l’habiter, la lire patiemment, et l’écouter autrement.
Dans le Premier livre des Rois, le prophète Achija annonce à Jéroboam la division du royaume. Le manteau déchiré en douze morceaux devient le signe visible d’un peuple désormais fracturé.
Cette rupture est la conséquence d’un cœur infidèle. Ce qui avait été uni sous David et Salomon se trouve brisé.
« C'est ainsi qu'Israël s’est détaché de la famille de David, jusqu’à aujourd'hui ».
Le péché ne reste jamais isolé ; il finit par produire des divisions visibles. Quand le cœur s'éloigne de Dieu, l'unité se fragilise.
Dans l’Évangile selon Marc, on amène à Jésus un homme sourd et ayant de la difficulté à parler. Son handicap l’isole : il entend mal, il parle difficilement, il peine à entrer en relation.
Son état évoque aussi une image spirituelle : l'homme incapable d'entendre pleinement la parole de Dieu et d'en témoigner clairement.
Jésus prend l’homme à l’écart, pose les doigts sur ses oreilles, touche sa langue et dit :
« Ephphatha », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ».
Aussitôt, ses oreilles s’ouvrent et sa langue se délie. Là où le royaume avait été déchiré à cause d’un cœur fermé, Jésus ouvre ce qui était bloqué. Le salut commence par une ouverture : entendre et parler selon Dieu.
Le livre des Rois montre un peuple divisé ; l’Évangile montre un homme restauré. Dans un cas, la fermeture du cœur conduit à la rupture. Dans l’autre, l’intervention de Jésus ouvre et rétablit la communication.
La foule s’émerveille :
« Il fait tout à merveille. »
Dieu ne se contente pas de constater la fracture humaine ; en Jésus, Il agit pour ouvrir, réconcilier et restaurer.
Ces textes nous interrogent :
sommes-nous attentifs à la parole de Dieu ou sourds à son appel ?
notre cœur est-il ouvert ou fermé ?
Le Seigneur peut dire encore aujourd’hui : « Ouvre-toi ».
À son contact, ce qui était fermé peut s’ouvrir, ce qui était divisé peut être réconcilié, et la louange peut naître là où régnaient le silence et la rupture.
Seigneur Jésus,
toi qui ouvres les oreilles fermées
et délies les langues retenues,
viens toucher ce qui en moi s’est refermé.
Guéris mes silences blessés,
mes paroles dures,
mes refus d’écouter.
Apprends-moi à garder un cœur unifié,
fidèle, disponible à ta voix.
Dis-moi encore : « Ouvre-toi »,
et fais de moi un artisan d’unité et de paix.
Amen